Anne-Gaël Bilhaut est une ethnologue française, qui travaille depuis plusieurs années avec les zaparas.
Durée : 1 min 22 sec
29 sept. 2001
Interview de Anne-Gaël Bilhaut, ethnologue
26 sept. 2001
Chant zapara de Maria Luisa Ushigua
Maria Luisa Ushigua habite à Llanchama Cocha, province amazonienne du Pastaza, Equateur.
Elle est l’une des dernières zaparas à parler la langue originelle de ce peuple. Elle interprète en zapara un extrait du chant “Manari”.
Durée : 36 sec
23 sept. 2001
Chant zapara des enfants de Llanchama Cocha
Mahera, accompagnée de plusieurs enfants de Llanchama Cocha interprète “Iari”, un chant zapara.
Durée : 38 sec
22 sept. 2001
ATTENTATS
8h, arrivée du motorista. Il s’agit de Raoul, qui nous avait accueilli 25 Août. Il va faire un appel radio afin de connaître l’état de la météo à Puyo.
9h30, Raoul est de retour. C’est ok pour l’avion.
9h40, nous quittons Anibal. Durant le voyage, Raoul a repéré un serpent venimeux au bord d’un chakra : un Palo Madera. C’est Gerardo qui le tue à coups de rame.
10h20, arrivée chez Raoul et Narcissa.
11h, toutes les affaires sont sur la piste. Attente de l’avion. Raoul vient nous proposer d’attendre chez lui. Il nous apprend qu’une série d’attentats suicides a eu lieu aux Etats-Unis. Quatre avions se sont crashés à Manhattan, au Pentagone et en Pennsylvanie ! Il nous parle de plusieurs milliers de morts ! Il s’agirait de terroristes afghans ou pakistanais. C’est arrivé le 11 septembre vers 8h du mat. Nous sommes abasourdis.
13h50, le Cessna quitte la piste de YanaYaku. Fin de notre expédition au Pérou.
21 sept. 2001
ATTENTE
J’ai été mordu cette nuit à l’oreille gauche par un vampire. Le niveau du Rio a considérablement baissé cette nuit, comme une marée ! 15h30, Gloria et Jérémie vont passer un appel radio. Après une heure d’essais, ils reviennent bredouilles. Gloria nous dit que comme il a plu, l’avion risque de ne prendre que deux personnes, la piste étant humide… Aujourd’hui, il a plu une partie de la matinée.
20 sept. 2001
RADIO
Juan nous emmène à la « casa de radio », en haut d’une colline. Pas d’avion aujourd’hui, mais un vol prévu par Aerotsantsak samedi. De retour au chantier d’Anibal, nous récupérons cinq gallons d’essence et Adam part avec sa pirogue.
19 sept. 2001
TROC
Cette nuit, Adam et son fils se sont fait mordre aux pieds par un vampire. Petit dej avec la compagnie. On fait durer le temps afin de charger un max de batteries. Résultat : deux batteries chargées à 100 %.
Avant de partir, nous troquons la vente de l’essence restante et des trois bidons avec Adam contre du curare. Il est d’accord pour une vingtaine de cuillerées à soupe. Le curare n’existe pas en Equateur. Nous en donnerons aux zaparas. Nous donnons également dix galons d’essence à Adam pour qu’il puisse retourner de Yana Yaku à 12 de Octobre. Il nous en reste plus que cinq.
Nous arrivons à Yana Yaku vers 14h30, chez Anibal. Débarquement du matériel, et transaction curare-essence. Adam est réticent quant au contenu de la grande cuillère…
15h30, Gloria et Jérémie vont faire un appel radio à Puyo : départ demain. Deux personnes profiteront du vol pour entrer en forêt.
18 sept. 2001
DIE HARD
9h40, première panne de moteur. Le soleil fait une apparition bienvenue afin de sécher les affaires humides.
Sur la pirogue, Gloria me parle de chamanisme et des relations qu’elle entretient avec les boas. Par trois fois elle a été en contact direct, avec des témoins médusés.
D’abord dans une pirogue avec son père : un petit boa est venu vers elle, a glissé le long de son bras, autour de son cou, l’a serré fortement et est retourné à l’eau.
Jeune, elle possédait un boa « domestique » qui mangeait toutes les poules… Provoquant la colère de sa mère, Gloria quitta la communauté et y revint quatre ans plus tard, mais le boa avait disparu.
Et un jour, alors qu’elle se baignait au bord d’un Rio, un grand boa est venu vers elle. Même scénario que dans le bateau.
Gloria n’a pas peur des boas. Les autres oui.
Concernant ses visions, elle a pris quatre fois de la Datura. Elle me dit que les visions sont incroyables, comme en plein jour. Un jour, les dueños d’une plante l’ont aidé à marcher sur l’eau, en plein jour. Ils la tenaient par le bras. Ces dueños ont l’apparence d’indiens, avec un pagne et des peintures vertes sur les flancs. Ces dueños sont invisibles pour celui qui n’a rien pris. Il y aurait eu des témoins de cette marche sur l’eau. Elle me dit que chaque arbre de la forêt renferme un esprit. Tout comme le fond des rios et des montagnes. Ces derniers ont les yeux bleus.
Elle m’a aussi conté l’anecdote suivante : un jour on lui a demandé de soigner une fillette asthmatique. Gloria a pris sa main, la peau s’est ouverte, une araignée en est sortie et est entrée dans la main de Gloria. La fillette a guérit. Aujourd’hui, Gloria a toujours l’araignée en elle.
16h30, deuxième camp militaire péruvien. Formalités. Vingt minutes plus tard, nous sommes au camp équatorien. Nous avons passés 23 jours au Pérou. Nous sommes accueilli par Eusebio-Carlos, le responsable du camp. Nous y passerons la nuit. Le camp dispose de panneaux solaires. Eusebio est d’accord pour que je charge mes batteries. Mon adaptateur ne rentre pas dans la prise...Un soldat se sert de celui du camp. J’attends la fin de l’enregistrement de son CD sur cassette afin de brancher mon chargeur. De son côté, Adam a vendu une peau de jaguar à un militaire.
Repas avec Eusebio. Cela fait 21 ans qu’il est dans l’armée. Ici, c’est sa dernière affectation. Il y reste deux mois, jusqu’à fin octobre. Dans ce camp, il y a cinq pros et 10 appelés. La rotation de personnel se fait tous les deux mois. Eusebio gagne un peu moins de 300 USD par mois. Il touchera 17 000 USD comme solde de départ.
Après le repas, contrôle de la charge des batteries… Malheureusement, les militaires l’ont débranchée afin de regarder la TV. L’écran est recouvert d’insectes, mais les bidasses enchaîneront “El sombre del diablo” avec Brad Pitt, et “Die Hard II”. Minuit, je continue la charge des batteries. Je reste seul dans cette pièce avec ma lampe torche. Le sergent dort dans la pièce d’à côté.
4h30, je mets une dernière batterie en charge et vais me coucher.
17 sept. 2001
BETANIA
C’est aujourd’hui que nous quittons 12 De Octobre. Nous laissons à Cesar une partie de notre bâche plastique. Adam sera notre motorista. C’est sa femme que Cesar a soigné hier. Adam profite de notre remontée pour aller faire soigner Laurentina à Puyo.
12h25. Après quarante minutes de trajet, nous tombons en panne… La pluie se met à tomber. Nous nous abritons sous se qui nous reste de bâche. Heureusement que nous n’avons pas tout donné à Cesar !
14h45, vingt-cinq minutes d’arrêt au premier camp militaire péruvien. Formalités.
15h50, nous dépannons une pirogue sur le Rio. Il s’agit en fait du père d’Adam ! Il repart devant nous.
17h, la pluie tombe. Forte. Tropicale. Une heure plus tard, nouvelle panne de la pirogue de son père… Après une nouvelle tentative de réparation, nous le remorquons. Notre progression ralenti. La pluie ne cesse pas. Nous-nous abritons sous des bâches. Le temps paraît interminable.
23h, nous arrivons à Betania, trempés jusqu’aux os.
16 sept. 2001
ELODIA
Ce matin, Cesar a une curation chez Adam et Laurentina. Il accepte que je filme la séance. En retournant chez Cesar, la femme chez qui nous avions acheté des provisions à l’aller nous réclame de l’argent car le cours du Nuevo Sol a changé, passant 3,5 à 3 NSP pour 1 USD…
En fin de matinée, je filme des plans d’illustration dans le village. Dans l’après-midi, c’est l’interview de Gloria et César. À temps car la pluie commence à tomber.
19h, nous rendons visite à Elodia, une tante de Gloria. Au fil de la conversation, nous apprenons qu’elle connaît une chanson en zapara et quelques mots… C’est une quichua. Pas une zapara. Gloria nous dira plus tard qu’elle avait oublié de nous en parler…
Dans la famille où elle se trouve, il y a un enfant malade : Eoler. Son visage et son corps sont recouverts de plaques de peau séchée. Il est allongé dans un petit lit, sous une moustiquaire. Nous sommes choqués. Comment peut-on laisser un enfant dans cet état ? Nous reviendrons demain pour témoigner. Gloria nous dit que c’est un chaman qui a jeté un sort au fils car le père vivait avec une autre femme.
15 sept. 2001
RETOUR À 12 DE OCTOBRE
Matin. Grosse discussion avec notre motorista, Vincente. Il nous abandonne et attend que son fils vienne le dépanner. Il reste avec sa femme, et Marie. Vincente nous a dit qu’hier on lui avait volé de l’essence ! Il ne veut pas nous donner de l’huile et a tenté de nous piquer nos deux lignes de pêche et la machette - en cachant le tout sous le plancher de la pirogue…
Finalement, nous trouvons un accord avec Quito, le gendre de Magdalena. Nous offrons l’essence aller et retour jusqu’à 12 De Octobre. Il nous prête son moteur et emprunte la pirogue de la communauté ! Comme elle est assez grande, il part avec sa femme, ses trois enfants et sa belle-mère…
Quarante minutes après notre départ, nous tombons en panne de moteur !
Quito nous dit que notre essence est peut-être défectueuse. Je descends avec Gloria afin de couper du bois pour confectionner des rames. Au bout d’une heure, le moteur redémarre. Quito nous dit qu’il s’agissait d’un problème de contact au niveau de la bougie.
Il est temps que nous arrivions, car mes batteries de caméra sont quasiment toutes à plat.
17h, nous arrivons enfin à 12 De Octobre. Le Juan Carlos II est amarré à la rive gauche. Quito repart demain pour San Juan. Cesar retrouve les siens. Bières avec Jérémie à la « Brisa del Tigre ». Je tente de charger une batterie dans la bodega, en vain…
14 sept. 2001
JOUR DE CHANCE
2h15, César nous réveille. La lancha dont nous a parlé Torivio est à l’approche. Nous n’en revenons pas !
Une demi-heure plus tard, le « Petro Rapido » arrive à notre hauteur. Il s’agit effectivement d’une barge qui fait la navette entre Iquitos et Marsella. Nous entamons les négociations avec le capitaine et montons à bord. Après avoir refusé en invoquant les consignes qu’il a reçu de la compagnie pétrolière, il accepte de nous remorquer jusqu’au lever du jour. Toutes les affaires de la pirogue sont montées sur la barge. Vincente reste à bord. De son côté, Carlos est d’accord pour repartir à Paiche Playa. Nous lui laissons trois gallons d’essence.
3h, départ de la barge. Après une heure de navigation, nous percutons un tronc d’arbre d'une longueur de 4 à 5 mètres. Cinq minutes avant la collision, Jérémie et moi fumions une cigarette à l’endroit où le tronc a percuté la barge… Je l’ai vu sortir de l’eau comme un ressort. Nous avons échappé de peu à une mort quasi certaine !
6h, le jour se lève. L’équipage aussi. Notre voyage continue. Temps couvert, petite pluie. L’équipage nous apporte à manger.
Le convoyeur fait ce trajet chaque semaine. Il revient d’Iquitos avec un chargement d’eau potable : 70 bonbonnes de 18 litres. À son retour, il déposera du personnel qui habite sur le trajet Marsella-Iquitos.
Le capitaine m’explique que la compagnie ne l’autorise pas à prendre des passagers, mais qu’il l’a fait pour nous aider. Nous avons confié la pièce défaillante de notre moteur à Juan (le chef-mécanicien) pour qu’il la répare.
10h35, Nuevo Remanente. Avant le village de Vista Allegre, nous coupons un méandre. Ce canal percé il y a deux ans permet de gagner deux heures de navigation !
13h, San Juan. La pièce est réparée. La barge peu continuer sa route sans nous. Nous retrouvons le Juan carlos II… Nous allons rendre visite à Magdalena. C’est cette vieille femme qui nous avait donné l’information concernant Santa Elena le 28 août dernier.
15h, nous quittons San Juan avec notre pirogue. Au bout d’une demi-heure, panne… Deux autres pannes jusqu’à 16h30 ! 17h, la pluie tombe. Après une dernière tentative de réparation, nous décidons de faire demi-tour pour San Juan, à la rame sous la pluie. Une heure de trajet. Nous sommes obligés de finalement dormir dans cette communauté.
13 sept. 2001
TORIVIO
9h, départ après trois heures de réglage moteur (ajustage des soupapes)… Le chaman Torivio a mal au crâne. Je lui donne une plaquette d’aspirine.
9h25, pannes. 10h, arrêt sur une plage pour une nouvelle réparation ! Vincente dépose son moteur sur la plage et improvise un abri à l’aide de feuillages. Chaleur intense. Insectes en tout genre omniprésents.

15h15, nouveau départ, avec les deux moteurs en service ! Notre navigation est plutôt chaotique. Vers 18h, nous déclarons forfait sur une plage.
Gloria a demandé une séance d’Icara à Torivio. La séance se déroule de la façon suivante : Gloria pose une question au chaman. Il siffle dans une main, poing fermé contenant une cigarette. Cela dure plusieurs minutes. Puis il se lève, allume la cigarette et recrache la fumée sur le sommet du crâne de Gloria. Ce geste est répété plusieurs fois, accompagné de projections de salive. Pour terminer, Torivio tend la cigarette à Gloria qui la termine. Il donne une réponse à la question de Gloria. Elle lui remet ensuite une petite fiole qu’il ouvre. Il réitère des soufflements à l’embouchure.
Gloria nous a expliqué le sens de l’icara de Cesar du 31 août dernier : le but était d’être bien reçu partout où nous passerions.
21h, avant que nous allions nous coucher, Torivio nous annonce que cette nuit viendra un bateau d’une compagnie pétrolière, qui remonte le Rio Tigre. Il a entendu le bruit du moteur ! Jérémie et moi croisons nos regards un peu septiques… Nous dormons dans la pirogue.
12 sept. 2001
MÉCANIQUE
8h, départ. Finalement, nous serons amarrés au bateau du dueño (Vidal) qui nous prête le moteur. Vincente a mis son moteur à bord. Le nombre de passagers s’est agrandi : Carlos, sa femme Amada et leurs deux enfants ; un motorista et Torivio, un vieux chaman ashuar.
10h, nous déposons César et Carlos pour qu’ils chassent, avec femmes et enfants ! Puis, arrêt essence. Difficultés pour le démarrage…
11h10, reprise de la navigation. Trente cinq minutes plus tard, nous récupérons nos chasseurs et leur butin : un porc sauvage et un petit singe.
A partir de 13h, plusieurs pannes de moteurs… Il calera une bonne dizaine de fois. Très éprouvant pour les nerfs…
15h45, arrêt pour préparer le repas et tentative de réparation du moteur.
17h35, nous repartons, après avoir mangé.
18h10, nouvelle panne. La nuit tombe. Plusieurs tentatives de démarrage, vaines… Arrêt sur une plage. Les motoristas déclarent forfait. Jérémie et moi démontons une partie du moteur. Nous finissons par déclarer forfait à notre tour. Nous nous endormons à l’arrière de la pirogue.
11 sept. 2001
PAICHE PLAYA
Vers une heure du matin, le vent forci et la pluie commence à tomber. Tempête très violente toute la nuit… Mais notre abri tient bon.
5h45, Cesar réveille tout le monde en catastrophe. Une lancha est à l’approche. La pluie tombe toujours, moins drue. La lancha stoppe sur la rive droite, à hauteur de notre campement. Cesar traverse le Rio à l’aide d’une pirogue et négocie avec la lancha. Pourquoi le fait-il alors que les essais moteur étaient concluant hier soir ?
Résultat : Nous quittons Pura Isla une heure plus tard, amarrés au Juan Carlos II. Cesar et sa famille veulent poursuivre avec la lancha jusqu’à 12 De Octobre. Le temps reste couvert, avec une petite pluie.
10h45, arrêt à Pampermossa. Vincente se fait confirmer le prêt de la cucharita pour le reste du voyage. Nous décidons de continuer avec lui. Cesar est d’accord.
11h30, nous quittons Pampermossa en pirogue, après plusieurs faux départs ! Une demi-heure plus tard, panne de moteur…
12h30, nous sommes rattrapés par la lancha, qui accepte une nouvelle fois de nous remorquer jusqu’à Paiche Playa…
14h00, Paiche Playa. Nous y étions passés il y a 12 jours. Nous demandons à Vincente de négocier cette fois-ci le prêt d’un moteur.
15h00, le Juan Carlos II quitte Pampermossa, sans nous. Vincente arrive et nous annonce qu’il a pu négocier un moteur. Départ demain.
10 sept. 2001
CUCHARITA 2
8h30, Segundo part avec ses deux compères à la recherche de feuilles de yuca afin de terminer le toit de la première maison. Ils sont payés 180 USD par mois. Ils sont ici pour huit mois.
Je pars faire un son seul dans la forêt, en attendant le retour de Vincente. 10h20, passage d’une petite lancha, qui fait la liaison Iquitos – 12 De Octobre. Toujours pas de Vicente.
13h10, arrivée de Vincente à la rame. Tout juste 24 heures après son départ. Incroyable. Comment arriver à être si précis au milieu d’un environnement si imprévisible ? Il a la fameuse pièce et a chassé une tortue. Vincente nous dit être parti hier soir de Pampermossa. Il a navigué toute la nuit et est très fatigué. Il nous demande de ne partir que demain.
Il pleut une partie de l’après-midi. Pendant que Jérémie s’occupe de la pièce avec Vincente, je construis un nouvel abri avec Cesar. Les essais moteurs sont concluants. Le temps est à l’orage.
9 sept. 2001
PURA ISLA
Réveil à 5h30. 6h10, départ des deux embarcations. Le temps est au beau fixe. J’ai le visage recouvert de piqûres de moustiques. Pas gênant, mais impressionnant.
10h25, Pura Isla. Nous y étions passés il y a une dizaine de jours. Personne. L’équipage de la lancha déjeune sur place avant de repartir, sans nous… Finalement, Vincente et Fiorela partent avec eux : il nous dit pouvoir se faire prêter la fameuse cucharita au village suivant : Pampermossa. Il nous affirme revenir sous 24 heures ! Nous n’avons pas d’autre choix.
13h10, départ de la lancha après plusieurs tentatives. 15h, grosse pluie d’orage. Toutes les bassines se remplissent.
17h, retour du dueño de Pura Isla : Segundo. Il est accompagné de deux jeunes. Ils reviennent de la chasse : quatre porcs sauvages dépecés dans la pirogue. Il semble heureux de nous revoir.
8 sept. 2001
CA RAME
Tentative de remplacement de la pièce cassée à l’aide d’un morceau d’une assiette métallique, en vain. Décision est prise de partir à la rame jusqu’à la prochaine communauté.
8h, départ. Après trente minutes de navigation, arrêt pour confectionner des rames plus solides. Vincente et César disparaissent dans la forêt et réapparaissent une heure plus tard avec cinq rames.
9h30, nouveau départ. Nous déposons Vincente sur une rive afin qu’il chasse.
13h, pluie. C’est mieux pour ramer. Deux coups de feu. Quarante minutes plus tard, nous récupérons Vincente de l’autre côté du méandre, avec deux perdrix.
14h45, almuerzo. Vincente attrape quelques poissons-chats. Nous mangeons les perdrix. Un coup d’œil au GPS nous renseigne sur notre position : la prochaine communauté est à plus d’une journée de pirogue. Galère. La zone est infestée de moustiques. Tout le monde est piqué. C’est ici que nous dormirons… Je filme le coucher de soleil. Légère pluie. Nous entendons le murmure d’un moteur.
18h30, la nuit est tombée. Nous apercevons une petite lancha, qui finit par accoster. Ils ont également des problèmes avec leur peke-peke. Vincente entreprend une négociation avec le dueño. Ils sont finalement ok pour nous remorquer demain jusqu’à Pura Isla.
7 sept. 2001
CUCHARITA
Réveil précipité peu avant 5h. Le niveau du Rio a monté pendant la nuit. Cesar nous raconte une seconde histoire : celle d’un être qui vit sous l’eau. Sa capture permet de faire pleinement l’amour à une femme. Plus tard, il nous dit qu’en prenant de l’ayahuasca nous irons à la rencontre de sa deuxième femme, qui vit sous l’eau... Serait-ce Rosa ?
Beau temps. Vincente remonte le Rio en coupant les méandres. Le courant y est moindre. Midi, panne de moteur. Vincente répare. On repart une demi-heure plus tard. Dix minutes de navigation et nouvelle panne… Les soupapes ? Arrêt rive droite. Installation d’un camp et repas.
16h, nouveau départ. Panne au bout de cinq minutes.
17h30, nouvel arrêt rive droite, pour la nuit. En démontant le moteur, Vincente trouve une pièce cassée : la cucharita. Elle sert à réguler l’admission d’huile. Nous avons perdu aujourd’hui cinq heures de navigation.
6 sept. 2001
ROSA 1972
Légère pluie cette nuit. Les enfants de Lladio sont tous malades. Ils toussent à s’arracher les poumons. Certains ont les yeux injectés de sang. Grippes mal soignées. Tout le village est à la même enseigne.
7h15, départ de 28. Je pense au bouquin de Claude Lévi-Strauss « Tristes Tropiques »... Temps couvert. Tant mieux pour la navigation. Légère pluie. Dix heures de pirogue avant notre arrêt sur une plage pour la nuit. Cesar nous raconte une légende qui parle de deux frères et de démons. Malheureusement, le mélange permanent du quetchua et de l’espagnol nous fait perdre une partie du sens du récit... Sur le sable, Cesar trace un nom : Rosa, et un chiffre : 1972. Corrélation avec l’épidémie de grippe de Santa Elena ?
5 sept. 2001
MARINA
Matin. Nous apprenons qu’il existe une femme qui parle et chante le zapara, mais pas à 28. Elle se prénomme Marina. Elle habite du côté d’Intuto, là où nous avons embarqué hier soir. À présent le Rio est très bas et il est impossible d’utiliser la pirogue de Vincente. Gloria ne semble pas emballée à l’annonce de cette nouvelle. Plus tard, rencontre d’Hortensia, la demi-sœur de Marina. Elle nous confirme les infos concernant Marina. La décision d’aller à la rencontre de cette femme revient à Gloria et Cesar. Gloria est ok.
Préparation des bagages, et recherche d’une pirogue voulant bien nous emmener. Difficultés. Vincente nous apprends qu’une sœur de Marina vit à 28. Il s’agit de Maria. Elle nous dit que Marina ne parle pas le zapara… Que penser ? Gloria prend la décision d’abandonner la recherche. Nous partons demain.
4 sept. 2001
28 DE JULIO
Début de matinée pluvieux. Nous allons interroger Emilia, une ancienne de la maison d’à côté. Pas de résultats.
10h30, départ pour Intuto. Nous sommes tirés par une autre pirogue, car notre moteur est en rade… 4h30 de navigation pour rejoindre Intuto. Vu un boa à notre arrivée.
18h, nous quittons Intuto pour la communauté de 28 – créée le 28 juillet 1977. Vincente a fait embarquer Elvina, l’une de ses belles-filles et ses quatre enfants. Une heure et demie de navigation car le chenal de l’aller n’est plus navigable : le niveau du Rio a baissé en trois jours. La nuit tombe. Le spectacle est magnifique. Éclairs de chaleur. Observation de crocodiles. A 28, nous sommes hébergés chez Lladio, le frère de César, chaman reconverti en pasteur évangéliste…. La chicha est bonne. À 28, il y a un groupe électrogène. Lumière jusqu’à 22h. Ambiance tranquille. Pluie dans la soirée.
3 sept. 2001
SANTA ELENA
8h45, attente de Vincente et de la pirogue. Il arrive une demi-heure plus tard, nous annonçant qu’il a un problème avec le moteur… Tentative de réparation.
10h15, départ pour Santa Elena. Deux heures de navigation. Domingo nous accompagne. Pluie à l’arrivée. Accueil dans la famille de Cesar. Tournée de chicha. Nous apprenons qu’une épidémie de grippe a décimé une partie de Santa Elena en 1972. Plus de zaparas… Nous attendons le retour de Lila, la mère de Monica. Elles ne se sont pas vues depuis dix ans...
2 sept. 2001
AMEN !
Ce matin, nous devions aller à Santa Elena, mais impossible de trouver la pirogue… Marie nous conduit à Vincente, qui nous annonce que le moteur est en panne… Vincente est évangéliste et nous sommes dimanche.
Cesar nous dit vouloir rentrer demain avec une lancha car Vincente veut ramener de la famille ! Discussion négociation avec Vincente. Tout rentre dans l’ordre. Beaucoup de personnes nous abordent dans le village, nous proposant du trago… Fin de matinée dans une tienda avec Cesar, au trago.
Dans l’après-midi, prises de vues dans Intuto et séance de derushage à l’hôtel.
Début de soirée chez Domingo (un cousin de Cesar) afin de rencontrer de nouvelles personnes de la famille de Gloria, en vain… Deux autres entretiens dans la soirée mais sans grand intérêt. Gloria semble fatiguée.
1 sept. 2001
INTUTO
6h45, départ dans la brume. Plans. Hormis deux pannes de moteur, la matinée se passe sans encombre. Toujours ce même paysage qui défile. Un peu plus d’embarcations à l’approche d’Intuto.
12h35, Intuto au bout d’un chenal. Comité d’accueil. Passage au poste de police pour signaler notre arrivée. Chaleur. Intuto compte entre 1500 et 3000 habitants. Pas de rues asphaltées. Quelques trottoirs. L’ensemble est paisible. Nous y dormirons cette nuit. Le groupe électrogène du village nous fournit de l’électricité une partie de la soirée (18h-23h).























